Peut-on ecrire un destin d'avance ? ( ou du hasard et du libre-arbitre)

Publié le 16/07/2010 à 19:21 par danielleprou
Tout était écrit - impossible , il y a toujours des impondérables même indépendants de la volonté
de la personne concernée , volonté qui ne peut être mise de coté .

Lorsque je découvre le parcours « idéal » que j’aurais pu faire , je découvre :

- une coureuse écervelée à 15, 16 ans avec IVG à la clé . ( je ne jette pas la pierre à celles à qui il arrive un « accident » , elles auraient dû être mieux informées , seulement à moi, ce ne m’est pas arrivé , je ne suis pas une miraculée de l’immaculée conception , comme on m’a surnommée récemment ) .
A peine arrivée en France , les mêmes personnes qui nous avaient fait rencontrer des dames veuves s’ennuyant et ravies de notre compagnie , m’ont envoyée à l’étranger pour les vacances .
A l'étranger, je rencontrais des jeunes de mon âge , sympathiques et sérieux , je préférais ces vacances aux séjours chez mon oncle et ma tante , agés, sans enfants , et bien décidés à m'empêcher de rencontrer d'autres jeunes (maintenant je les remercie de leur prudence) .
Ceci dit , j’aurais cherché à « sortir » davantage dans le Val d'Oise , j’aurais sans aucun doute trouvé une ou plusieures familles d’accueil , avec des filles de mon âge plus délurées , qui m’auraient certainement conduite vers des distractions moins innocentes .
Malheureusement, je préférais rester chez moi , avec mes livres et mon instrument . La musique était plus efficace pour mon moral , mais sans elle , j’aurais peut-être choisi l’ »addiction « de macramé, de crochet ou de tapisserie ( avec préférence pour le 3e) , comme plusieures filles de ma classe qui faisaient des ouvrages chez elles , et les apportaient quelquefois en classe une fois terminées . Cela me fait penser que ma mère qui avait horreur de la couture, s’était mise au tricot , elle connaissait une dame chez qui elle passait l’après-midi ainsi, autour d’une tasse de café . ( Les « tricot-parties » devaient faire fureur à l’époque ! )Ses fabrications n’étaient pas très mettables, mais il y a eu au moins un pull blanc cassé à cotes ( en fait les côtes étaient aussi larges que les intervalles ) bien chaud que je mettais sous ma combinaison de ski .
Je dois ajouter que j’aurais du être une cancre , et sécher les cours ( plutôt contredit par mes résultats scolaires et ma réussite au bac ), et ceci dit , j'étais suffisamment heureuse d'aller à l'école , ce qui me sortait de chez moi , si j'avais séché les cours, je me demande bien où j'aurais pu aller !.

- avec un tel début , on ne pouvait me retrouver à 20 ans que nymphe nocturne des bois , ce qui aurait du donner lieu à un événement si marquant, que ce n‘est pas possible qu‘il n’ait pas été immortalisé , dans ses différentes séquences ( car il semble y avoir eu toute une succession ) par des images dont j’aimerais bien voir des exemplaires !

- la sauvageonne qui s’envoie en l’air n’importe où, de préférence dans la nature , dans les bois , sur la plage , pourquoi pas dans une roulotte ? Ni dans ma branche paternelle et encore moins maternelle ,je n’imagine ce genre d’hérédité . On pourrait penser que la rencontre aurait pu générer un résultat explosif , ou conforme à son temps comme un sujet de philo au bac « Est-on enfant de ses parents ou de son temps ? « Pour mon cas personnel , même si symboliquement , mon existence semble s’être déroulée dans une forêt et que mes quelques aventures doivent sembler s’apparenter à une mythologie moderne et personnelle (*), dans la réalité, mon sens d’un minimum de confort m’aurait interdit l’humidité des sous-bois , et les seules vacances que j’ai passées en bord de mer dans un pays vraiment chaud , c’était en Espagne dans les années 80 . Habituée aux plages bretonnes, ou même du Nord de la France, j’ai choisi mai-septembre pour des vacances en Méditerranée .

(*) et là aussi , je n’ai pas eu un choix illimité de soupirants , mais j’aurais pu avoir un nombre d’aventures bien supérieur . On a le choix entre plusieures personnes , ou le choix entre quelqu’un et rester seule à bouquiner ou à voir ses copines . Etant donné le nombre très limité de mes aventures , la sélection a été sévère et personnelle , et j’en porte l’entière responsabilité ! Et j’ajoute, qu’en aucun cas, le critère physique n’a été déterminant , il a fallu que quelque chose d’inhérent à la personne me plaise , et j’en suis encore plus responsable ! (*)

(*) en digne illustration de l’adage « personne ne peut comprendre ce qui se passe dans la tête d’une femme « 


En conclusion, je reste dans l’attente d’autres histoires que j’attends avec curiosité , certaines sont vraiment encore plus méchantes que bêtes mais d’autres me font rire .
Mais même si on m’offrait une nouvelle jeunesse , il y a des choses dont je me passerais sans le moindre regret !


- Je comprends aussi la haine pour mon pauvre piano . Il n’était pas prévu au programme .

Et suite des rôles non joués dans la grande comédie de la vie :

- l’ouvrière : avec la situation de mon père , qui m’a personnellement poussée dans les études , et mes diplômes universitaires, plus la connaissance de langues étrangères cotées dans les affaires ( japonais et diplôme d’anglais) , même si je n’ai pas fait la carrière qu’on attendait de moi, j’ai quand même trouvé une situation ( ce genre d’insinuation vise seulement à dénigrer mon père )
On m’a poursuivie pendant plus de 30 ans avec le garçon suisse rencontré à la montagne , en me reprochant d‘avoir choisi quelqu‘un qui n’avait pas fait d’études ( mécanicien dans le bas pays ) . C’était une amourette de jeunesse et de vacances, que j’assume parfaitement . Je n’ai pas eu d’autre telle liaison (*), mais j’ai côtoyé au lycée , dans ma société un large éventail de milieux sociaux et on parle avec tout le monde dans une société où on est peu nombreux . Je me suis occupée de droit du travail pendant les 2/3 de ma carrière ,et en dehors de ces périodes , j’ai eu beaucoup d’interet pour les missions d’interprète, où j’ai accompagné des ingénieurs sur les lieux de production , où l’on peut se rendre compte des conditions de travail actuelles , très variées d’ailleurs , que d’autres ne connaissent que par la lecture des journaux .
(*) je ne parlerai pas d’une liaison étrangère dans mes 30 ans , tenant du déguisement !


- la fétarde invétérée :personne ne m‘a vue en reine du tout Paris, ni même en dernière dauphine et je n‘en éprouve aucun regret , lors de mes périodes où j’avais une vie sociale , si j’allais à une soirée une fois par mois , je m‘en estimais heureuse ayant l‘habitude d‘une vie retirée , que de graves problèmes de santé (même peu apparents, latents, pendant une bonne partie de ma vie) ajoutés à des problèmes familiaux de jeunesse , font paraître presque normale . Dans mes 20-30 ans , j’aimais les soirées avec des gens de mon âge ayant fait les mêmes études, des discussions intéressantes autour de grignotages divers sans importance , et si après mon entrée dans la vie active , j’ai été invitée à quelques soirées dansantes , c’était plutôt exceptionnel ( plus fréquentes dans la période 20 -22 ans où les familles en organisent beaucoup dans l’espoir de caser leur progéniture ) .
Ensuite dans mes 40-50 ans , j’avais une vie professionnelle chargée et j’aimais les réunions
où l’on se rencontrait autour d’un projet d'investissement commun , si j’allais quelque fois à des soirées extra-professionnelles , c’était autour d’un intérêt commun artistique , qui vous fait sortir de vos occupations habituelles , il faut quand même s’en sortir l’esprit .
Ceci dit, si j’apprends qu’une (minorité) de personnes vivent uniquement de leur participation à des fêtes diverses , j’en éprouve ni la moindre envie , moi qui suis allée au bureau chaque jour ouvrable pendant 30 ans , ni la moindre animosité . Il faut de tout pour faire un monde , à condition quand même , qu’un équilibre raisonnable soit maintenu .

-les folles nuits des caves de Saint Germain des Près : la grande époque a été l'immédiate après-guerre, jusqu'aux années 60 ( je n'étais pas née , ou vagissais encore ) . Lorsqu'à 20 ans , je suis sortie de mon trou de campagne ( mais bien tranquille) , la petite bande d'amis que j'ai trouvés , universitaires, ne fréquentaient pas ce genre d'endroit . Je me souviens plutôt de sorties cinéma ou théatre . J’ai eu ensuite une liaison avec un ingénieur un peu plus agé que moi (15 ans) qui habitait le 6e arrondissement, en hantait les librairies , les cinémas d’art et d’essai, et dans Paris , nous faisions les expos ensemble presque chaque dimanche . Mais il n’avait jamais mis les pieds dans une cave de St Germain des Prés , il avait horreur de ce genre d‘endroit . Moi, cela ne m'aurait pas déplu , pas souvent , mais de temps à autre . Plus tard, il m'est arrivé d'aller écouter du jazz dans ce quartier , musiciens ou chanteuses, souvenirs de très bonnes soirées , et musique que je préfère écouter que mal interpréter .

- on ne m'a jamais vu dans un bal populaire , car le seul et unique bal du samedi soir à la MJC de Franconville, ( c'est la seule fois où j'y étais entrée) auquel j’ai assisté , s’est terminé en bagarre , ce qui a l’époque , avait marqué l’adolescente qui n’y avait pas été préparée ,( à cette époque, il devait y avoir des bandes qui faisaient le tour des bals publics dans ce seul but ) et par la suite, parce que je me méfiais des hommes rencontrés dans des boites de nuit, et par extension tout dancing public ( en vacances, aux sports d’hiver, c’est différent ) . Quand j’avais une vingtaine d’années et plus , accompagnée de garçons de notre bande , j’aurais aimé aller à au moins un bal du 14 juillet, mais on me l’a déconseillé pour raison de sécurité .

Comme j’ai été invitée dans des soirées privées , régulièrement entre 20 et 22 ans , et très occasionnellement au delà jusqu’à peut-être 28 ans . Je ne peux pas dire que je ne sois pas du tout "sortie " , j'ai de bons souvenirs de soirées dansantes (étant entendu qu'on y allait dans ce seul but) et en vacances dans les Alpes , on pouvait se distraire sans autre risque que celui de pécher , ce qui ne regarde que sa conscience , et en usant vraiment très modérément d'une certaine liberté permise en vacances ! ( à témoin les sérieux vérificateurs de mes agissements )


J'attends encore de nouvelles histoires en gardant ma conclusion pour la fin !